AccueilPays d'UzèsTruffe en Uzège : s’organiser pour contrer la concurrence

Truffe en Uzège : s’organiser pour contrer la concurrence

La truffe a toute sa place dans la gastronomie française mais sa culture reste encore peu structurée en comparaison de ses voisins européens, notamment de l’Espagne, premier producteur de tuber melanosporum.
Michel Tournayre est président du Groupement européen truffe et trufficulture pour encore quelques semaines.
M.R - Michel Tournayre est président du Groupement européen truffe et trufficulture pour encore quelques semaines.

Pays d'Uzès Publié le ,

En Europe, les trois principaux producteurs de tuber melanosporum sont l’Espagne (entre 100 et 150 tonnes par an), la France (entre 30 et 50 tonnes) et l’Italie (environ 10 tonnes). « Il existe aussi d’autres variétés comme la truffe de Bourgogne, la truffe blanche d’été ou encore la truffe blanche d’Italie, qui pousse dans l’est du pays », complète Michel Tournayre, trufficulteur à Uzès et président du Groupement européen truffe et trufficulture (Gett). Au-delà de ces producteurs traditionnels, la truffe se développe dans d’autres secteurs du globe où les conditions météo sont favorables. Tout comme les vignes, des truffières apparaissent ainsi en Australie, Nouvelle-Zélande, Argentine, Chili, Afrique du Sud, Maroc ou États-Unis. De quoi intensifier une concurrence déjà rude pour la France.

Une délégation espagnole sera ainsi présente lors du week-end de la truffe à Uzès pour s’inspirer de ce qui est fait ici pour la promotion de la truffe, pour développer la vente au détail.

Mais le plus gros concurrent reste bel et bien l’Espagne, qui, de plus, exporte une très grosse partie de sa production vers la France, les Espagnols étant encore peu friands des truffes. Un déficit de notoriété que les pouvoirs publics de la péninsule ibérique et représentants de la profession prennent à bras le corps. « Une délégation espagnole sera ainsi présente lors du week-end de la truffe à Uzès pour s’inspirer de ce qui est fait ici pour la promotion de la truffe, pour développer la vente au détail », annonce Michel Tournayre. Lorsqu’il était président de la Fédération française des trufficulteurs, il avait déjà beaucoup travaillé avec eux. « Ils sont nos alliés, c’est dans leur intérêt de développer leur consommation interne».

Stratégie espagnole payante

Pour autant, il le sait, rattraper l’Espagne n’est pour l’heure pas à la portée de la France. « En Languedoc, les présidents Frêche, Bourquin puis Alary ont successivement permis de grosses plantations en quelques années. Mais, aujourd’hui, les aides régionales ne sont pas encourageantes, pas adaptées aux besoins alors que la trufficulture a un intérêt à la fois économique et promotionnel pour les territoires, et cela en hors saison ». Difficile donc d’atteindre les 10 000 hectares de plantations de Soria, ou les deux tonnes de transaction en un week-end au marché de la estacion de Mora de Rubiolos, contre les 400kg qui peuvent se vendre en France sur un gros marché... « Les Espagnols sont en train de nous manger et on ne peut que leur dire bravo. Nous avons un rendement à l’hectare qui est équivalent mais eux ont une vraie stratégie professionnelle et beaucoup d’aides des pouvoirs publics qui ont compris l’intérêt de ce produit de terroir. Si nous ne réagissons pas, la France deviendra un pays folklorique de la truffe ».

Le Groupement européen truffe et trufficulture

Pour rappel, le Groupement européen truffe et trufficulture (Gett) a pour vocation de défendre des dossiers communs aux professionnels des différents pays européens comme par exemple la lutte pour un étiquetage plus transparent des produits dérivés (lire ci-dessous). L’harmonisation des diverses législations nationales est aussi l’un de ses objectifs. Enfin, le « combat de demain est de permettre la reconnaissance professionnelle de la filière truffe, rappelle Michel Tournayre, actuel président du Gett. Cela permettrait notamment d’obtenir des soutiens et des aides au développement, d’avoir un programme de recherche et d’expérimentation commun ». Car, il le sait, en France notamment, de nombreux trufficulteurs ne cultivent la truffe qu’en supplément de leur activité principale. « Certains ne veulent pas se structurer mais s’ils aspirent à la recherche, à la formation, aux soutiens techniques, et, pour cela, il faut une vraie filière professionnelle ».

Le Gett devrait se réunir début février en Espagne, rendez-vous durant lequel Michel Tournayre devrait laisser la présidence. « Je serai toujours engagé, tout comme je le suis toujours dans la Fédération française des trufficulteurs ».

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