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Truffe en Uzège : une culture responsable

On pense souvent aux bénéfices gustatifs et gastronomiques de la truffe, mais cette production est aussi bonne pour l’environnement.
Truffe en Uzège : une culture responsable
D.R

Pays d'Uzès Publié le ,

Le fruit de la trufficulture ne ravit pas que les papilles. Cette culture est responsable et bonne pour l’environnement sur de nombreux aspects. « À tort, on n’insiste pas assez dessus », regrette Louis Teulle, président du Syndicat des trufficulteurs gardois. Pourtant, il explique que les plantations truffières sont les garants du paysage local mais également une protection contre les incendies.

Quand des arbres truffiers sont plantés, généralement des chênes, cela peut permettre de reverdir une zone souvent abandonnée. « Les bonnes terres sont réservées au secteur viticole. Les zones abandonnées, qui n’étaient pas ou plus cultivées, peuvent accueillir des arbres truffiers, précise Louis Teulle. On réhabilite des zones qui partiraient en friche, ce qui évite le développement d’éventuels incendies. Les zones abandonnées ont tendance à devenir des mini-forêts incontrôlables en cas d’incendie car il faut voir à quelle vitesse le taillis reprend ». Ces plantations d’arbres truffiers sont donc des barrières anti-feux de forêts. Une aubaine pour le territoire qui est fréquemment touché par les incendies durant la saison estivale. « Dans une plantation, sous les arbres mycorhizés, autour de ce que l’on appelle le rond de sorcières, il ne pousse rien. Le feu ne peut donc pas aller très loin car il ne trouve rien pour se nourrir ».

Garants des paysages

Mais la culture des truffes présente aussi d’autres bénéfices pour le territoire. «On revalorise ces zones de friche et on permet de maintenir le terroir et la beauté des paysages», sourit Louis Teulle, qui a notamment été interrogé sur le sujet par l’association des Amis du Parc national régional (PNR) des Garrigues. « Le terroir paysager local est en damier, avec des oliveraies, des vignes et les cultures céréalières et de plein champ. Nos plantations viennent sur des espaces où il n’y avait rien. Le potentiel agricole nous permet d’implanter nos arbres et d’améliorer le paysage ». En Uzège, ces paysages caractéristiques sont visibles entre Saint-Quentin-la-Poterie et Montaren ou encore du côté d’Arpaillargues.

'La trufficulture ne nécessite aucun intrant. C’est une production qui se fait sans pesticide.

Enfin, comme chacun le sait, planter des arbres est une bonne chose pour l’environnement. Véritables puits à carbone, ils captent ce gaz grâce au processus de photosynthèse. « De plus, la trufficulture ne nécessite aucun intrant. C’est une production qui se fait sans pesticide. Avec les champignons, la surface devient naturellement propre et le besoin en eau est limité. Nous irriguons très peu », précise le professionnel. Pour rappel, il faut en moyenne 8 à 12 ans pour qu’un arbre mycorhizé produise potentiellement des truffes. « Nous plantons l’arbre quand il est tout petit car il faut que le système racinaire s’enfonce dans le sol. Un arbre trop âgé aura de la peine à s’implanter. Les truffes vont s’installer sur les radicelles (racines très fines qui assurent une grande partie de l’absorption des sels minéraux et de l’eau) que l’arbre produit chaque année » conclut Louis Teulle avec passion.

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