AccueilPays d'UzèsUzège Pont du Gard : quel avenir pour les écoles rurales ?

Uzège Pont du Gard : quel avenir pour les écoles rurales ?

À quelques semaines de l’annonce de la carte scolaire avec les possibles fermetures de classes qu’elle implique, la question des regroupements périscolaires est centrale. Le Dasen revient sur l’intérêt de ces dispositifs pour l’avenir de ces écoles.
Philippe Maheu est Directeur académique du Gard.
D.R - Philippe Maheu est Directeur académique du Gard.

Pays d'Uzès Publié le ,

L’histoire de l'école en milieu rural en France remonte à Louis XIV. « La question de son avenir est traitée depuis déjà un demi-siècle », estime Philippe Maheu, Directeur académique des services de l’Éducation nationale du Gard (Dasen). Le principal enjeu réside dans l’évolution de la population.

« Certains territoires se vident de leur jeunesse qui s’installe plutôt en milieu urbain, ce n’est pas propre au Gard, c’est un phénomène démographique national », confirme-t-il. Avec moins d’enfants inscrits à chaque rentrée, l’Éducation nationale procède à des fermetures de classes, des regroupements de niveaux... « Il est donc nécessaire de penser la réorganisation de l’école », assume le Dasen.

Les maires ont déjà des inquiétudes alors, voir les classes se vider les incite logiquement à penser mutualisation »

À cela s’ajoutent tous les aspects financiers qui incombent aux Municipalités, quelle que soit leur taille. « Il y a de plus en plus d’exigences, on veut des repas équilibrés, des circuits-courts pour la restauration scolaire ; des équipements numériques, même si cela se fait avec le concours de l’État ; sans parler des budgets chauffage et électricité, cite Philippe Maheu. Les maires ont déjà des inquiétudes alors, voir les classes se vider les incite logiquement à penser mutualisation ». Un principe qu’il supporte, « non pas pour une question de réduction des coûts (le budget d’un enfant pour une Municipalité oscillant entre 2 000 € et 2 500 € par an) mais pour assurer la continuité du service ». Car, il le rappelle, si le personnel éducatif dépend de l’État, ce sont les Communes qui gèrent le reste du personnel, notamment les Atsem (Agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles) et les agents en charge de l’entretien des établissements scolaires.

Du travail au cas par cas

Les Regroupements pédagogiques intercommunaux, concentrés ou dispersés (lire ci-contre) peuvent alors être une solution pour préserver un maillage du territoire. « Les projets de RPI se font à l’initiative des maires, en lien avec l’Éducation nationale, avec une consultation des enseignants et des parents », explique Philippe Maheu. Des décisions prises selon lui en prenant en compte tous les aspects nécessaires.

Cette réorganisation doit être un plus, avec un minimum de contraintes, notamment celle de la mobilité »

« Lorsqu’il s’agit de RPI concentrés, il faut par exemple penser aux déplacements. Il faut regarder les avantages et les inconvénients, c’est du travail au cas par cas. Cette réorganisation doit être un plus, avec un minimum de contraintes, notamment celle de la mobilité ».

Le Directeur académique assure ne pas vouloir obliger de manière verticale les maires ou les parents, « le but est vraiment de s’appuyer sur les projets portés par les acteurs locaux. On n’oblige pas mais si les élus nous sollicitent, nos services peuvent intervenir pour rencontrer les parents, faire de la pédagogie pour mettre en avant les bénéfices d’une réorganisation que nous savons pas toujours facile à accepter ».

Avec les RPI, l’Éducation nationale souhaite « pouvoir avoir les mêmes ambitions pédagogiques pour tous les enfants ». Philippe Maheu l’affirme, « il est plus facile d’organiser des sorties, de porter des projets, lorsque que l’on a une école de dix classes plutôt que de deux ou trois ».

La mutualisation est alors présentée comme l’une des pistes pour l’avenir. « Cela se fait aussi avec d’autres services publics, comme la santé. Sans avoir de désespoir pour les territoires ruraux, il faut regarder le phénomène démographique tel qu’il est et réfléchir ensemble, repenser les services publics au bénéfice des enfants ». Mais si Philippe Maheu ne veut pas être alarmiste, il le sait, « il faut prendre la situation à bras le corps dès aujourd’hui pour ne pas avoir à fermer des classes demain, voir, un jour, des écoles ».

RPI : Les regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI) permettent à plusieurs communes, notamment en milieu rural, de se réunir pour l’établissement et l’entretien d’une école. Les dépenses sont alors réparties entre les communes selon les termes de l’accord conclu, fixant notamment les conditions de répartition des charges des écoles regroupées.Le regroupement pédagogique peut être concentré (RPC), dans quel cas toutes les classes sont alors « concentrées » en un seul lieu ; ou dispersé, avec des classes réparties sur plusieurs sites, par exemple avec la maternelle dans une commune et l’élémentaire dans une autre.Les collectivités territoriales contribuent à la création et au fonctionnement des RPI : par la mobilisation d’agents communaux (en particulier les Atsem), par l’investissement dans les constructions scolaires, par l’articulation des activités périscolaires ou encore par l’adaptation des services de transports scolaires et de restauration scolaire.

Article L212-2 du code de l’éducation : Toute commune doit être pourvue d’au moins une école élémentaire publique. Il en est de même de tout hameau séparé du chef-lieu ou de toute autre agglomération par une distance de trois kilomètres et réunissant au moins quinze enfants d’âge scolaire. Toutefois, deux ou plusieurs communes peuvent se réunir pour l’établissement et l’entretien d’une école. Cette réunion est obligatoire lorsque, deux ou plusieurs localités étant distantes de moins de trois kilomètres, la population scolaire de l’une d’elles est inférieure régulièrement à quinze unités.

Partager :
Abonnez-vous
  • Abonnement intégral papier + numérique

  • Nos suppléments et numéros spéciaux

  • Accès illimité à nos services

S'abonner
Journal du 02 février 2023

Journal du02 février 2023

Journal du 26 janvier 2023

Journal du26 janvier 2023

Journal du 19 janvier 2023

Journal du19 janvier 2023

Journal du 12 janvier 2023

Journal du12 janvier 2023

S'abonner
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?