AccueilUzèsUzès : une famille de Roms menacée d'expulsion

Uzès : une famille de Roms menacée d'expulsion

Une famille de Roms est installée illégalement à Uzès depuis 2012. Conditions insalubres, manque de sécurité, travaux prévus, leur départ est urgent mais incertain.
Une famille de Roms est installée illégalement à Uzès depuis 2012. Conditions insalubres, manque de sécurité, travaux prévus, leur départ est urgent mais incertain.
Mathilde Roux - Une famille de Roms est installée illégalement à Uzès depuis 2012. Conditions insalubres, manque de sécurité, travaux prévus, leur départ est urgent mais incertain.

Uzès Publié le ,

Ce matin encore le maire d’Uzès se rend au Mas-de-Mèze, sur le terrain où est installée une famille de Roms depuis une dizaine d’années. L’échange est courtois, mais l’agacement est palpable des deux côtés. « Deux logements sociaux vous ont été attribués, quelqu’un y vit ? », demande Jean-Luc Chapon aux membres de la famille présents. « Oui ? Et les caravanes où ils vivaient ont-elles été enlevées ? ». La réponse positive ne le convainc pas.

À deux pas du centre-ville de la cité ducale, ils sont une vingtaine, adultes, grands-parents, enfants et bébés, à vivre dans des conditions préoccupantes. « Ils sont branchés à un transformateur, il y a des câbles de partout, c’est dangereux », lâche le maire, qui pointe aussi le nombre de caravanes, de voitures, d’objets et de meubles en tout genre amassés sur le terrain. La Municipalité est parvenue à couper leur raccordement illégal à l’eau, pensant inciter cette famille à quitter les lieux, « mais ils remplissent des bidons aux bornes incendies ».

Écriture : une jeune Théziéroise lauréate du prix D'Encre et du Gard

Venus avec la police municipale, les services de la Ville, la gendarmerie et même la préfète du Gard, Jean-Luc Chapon compte désormais prendre un arrêté de péril et d’insalubrité comme nouvelle étape de cette situation qui est dans l’impasse depuis des années.

Intégration dans la société

Mais aujourd’hui, le compte à rebours est lancé car, outre le grave risque pour la sécurité des occupants, « notamment celui d’un incendie avec tous les fils électriques qui traînent », insiste Jean-Luc Chapon, ce terrain intercommunal est situé sur le tracé de la future déviation du Mas-de-Mèze qui rejoindra la route d’Arpaillargues.

Pour le maire, cette famille européenne doit « vivre comme des Européens, dans un vrai logement, en payant des impôts et sa consommation d’énergie ». « Nous parlons français, nous amenons nos enfants à l’école, nous travaillons », défend Nicolas, qui vit sur le terrain avec sa famille.

Conscient de la situation, il explique qu’ils se retrouvent au pied du mur. « Nous avons fait ce que nous pouvons pour vivre ici, pouvoir cuisiner, se laver... Nous sommes habitués à vivre comme ça mais c’est sûr que pour les enfants ce n’est pas bien. Nous sommes d’accord de partir mais pour aller où ? ».

Des logements sociauxnon adaptés ?

Des demandes de logements sociaux, il assure en faire depuis 2015, mais souligne plusieurs obstacles : « Même s’il y a des aides, il faut quand même avoir un travail stable pour payer le loyer, ce n’est pas mon cas. De plus, on nous dit qu’il n’y a pas de disponibilités par ici, qu’il faudrait aller à La Grand-Combe ou Alès donc pour ceux qui travaillent, ce n’est pas possible non plus ».

Quant aux logements qui leur ont été proposés à Uzès, le maire révèle avoir découvert il y a peu de temps qu’ils n’étaient pas occupés. « Il fallait le temps de pouvoir les aménager, maintenant des membres de la famille y sont », assure Nicolas.

Les Nuits musicales reprennent leur quartier !

Si lui et sa famille espèrent qu’une solution soit trouvée, il ne s’attend pas à ce qu’elle vienne de la Municipalité. « Nous sommes très inquiets sur ce qu’il peut arriver, que l’on nous expulse. Le maire dit que le terrain est dangereux mais il n’a fait aucun geste pour sécuriser l’installation électrique. Au contraire, la Mairie fait ce qu’elle peut pour nous embêter et des travaux ont commencé, nous sommes encerclés avec des grilles ».

L’attribution de nouveaux logements pourrait être la seule solution. Mais pour l’heure, la situation s’est enlisée. Le dialogue n’est pas rompu mais l’issue semble loin d’être trouvée.

Partager :
Abonnez-vous
  • Abonnement intégral papier + numérique

  • Nos suppléments et numéros spéciaux

  • Accès illimité à nos services

S'abonner
Journal du 02 février 2023

Journal du02 février 2023

Journal du 26 janvier 2023

Journal du26 janvier 2023

Journal du 19 janvier 2023

Journal du19 janvier 2023

Journal du 12 janvier 2023

Journal du12 janvier 2023

S'abonner
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?